Appel à communication – Composer avec l’ennemi

Lieu : CEME – Charleroi Espace Meeting Européen
Dates : 27 & 28 octobre 2017

Comment parvenait-on à travailler en zones occupées, sur la ligne de front, voire en Allemagne pendant le Premier Conflit mondial ?
Pascal Deloge et Pierre Tilly (2012) mettent en avant le développement « d’une stratégie du moindre mal » pour expliquer la poursuite de l’activité industrielle en Belgique pendant la Grande Guerre. Certains secteurs ont, en effet, poursuivi leur fabrication au gré des humeurs de l’occupant. Tout comme dans le Nord de la France occupée (Colloque Guerres mondiales et bassins industriels en territoire occupé, Maubeuge, 2014), la Belgique, moteur industriel d’avant-guerre, n’a pas nécessairement vécu la destruction systématique de son appareil de production.
Les célébrations du Centenaire sont l’occasion de confronter le discours orienté des vainqueurs d’après-guerre (Charles de Kerchoven de Denterghem, 1927) à la réalité des faits à l’aune des sources d’archives toujours disponibles. Dans le secteur verrier par exemple, l’historiographie belge a pour habitude de faire de l’industriel Émile Fourcault le seul « traître à sa patrie ». Or, les documents d’époque montrent qu’un nombre important de verreries a maintenu sa fabrication pendant le conflit. Son retentissant procès n’est-il pas finalement l’arbre qui cache la forêt ? Il paraît désormais évident que l’industrie du verre—qui n’a encore jamais été étudiée à ce jour—ne constitue pas le seul exemple de la poursuite des activités en zones de guerre.
L’occasion est donc ici donnée d’étudier le fonctionnement quotidien de l’industrie pendant le conflit et, au-delà, d’estimer à qui cette situation a profité, entre redistribution des parts de marché et remise à niveau de l’outil de production.
Ces rencontres sont l’occasion de confronter les réalités vécues par le secteur industriel en Belgique, dans le Nord et l’Est de la France, voire en Allemagne ; et de poursuivre ainsi que d’élargir le champ de réflexion entamé par Deloge et Tilly.

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