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Appel à communications : Comment entre-t-on en religion ? Vocations religieuses et sociétés européennes de la fin du XVIIIe siècle à nos jours.

date:4 et 5 juin 2020

date limite de réponse à l’appel: 20 décembre 2019

lieu: Arras, Université d’Artois

Définie par la théologie du XXe  siècle comme « l’acte par lequel Dieu appelle certaines âmes à la pratique de conseils évangéliques sous une règle approuvée par l’Église » (Dictionnaire de théologie catholique, 1950), la vocation religieuse est considérée comme un phénomène à la fois intime et surnaturel, résistant donc à l’analyse et à l’explication. C’est que, comme le dit le sociologue Charles Suaud, « le processus d’inculcation de la vocation vise à imposer, en même temps que la vocation, la méconnaissance des déterminismes qui la rendent possible » (Suaud, 1978). Elle est pourtant l’objet d’une analyse et d’une vérification par l’Église catholique, parfois par les directeurs de conscience des personnes se sentant appelées à l’état religieux, et plus généralement par les institutions religieuses qui doivent reconnaître la vocation et s’assurer que les individus concernés correspondent à leurs attentes en matière de recrutement. Les communautés et congrégations religieuses cherchent notamment à s’assurer que leurs nouveaux membres soient aptes à la vie communautaire ainsi qu’aux activités apostoliques afférentes (le cas échéant), et qu’ils se conforment à la discipline que suppose le respect de la règle. Par ailleurs, entre ce qui est présenté comme un appel et sa sanction par l’institution, un ensemble de logiques sociales, familiales et économiques concourent à l’entrée en religion. Phénomène social massif, caractéristique de la féminisation du catholicisme au XIXeet premier XXesiècle (Langlois, 1984), l’entrée en religion est un choix de vie parmi d’autres, voie alternative au mariage ou au célibat, projet familial ou au contraire redouté par l’entourage, et en particulier les parents. Loin d’être un phénomène purement ecclésial, la vocation religieuse interroge l’ensemble de la société, ses normes et tout particulièrement son droit, puisque la législation civile donne un cadre aux entrées en religion. La vocation religieuse fait par ailleurs partie intégrante de l’imaginaire social : nombreux sont les religieux et religieuses parmi les vies de saints publiées au XIXesiècle tandis que les voiles abondent dans l’imagerie pieuse. Depuis les années 1950, le thème de la « crise des vocations » vient nourrir des représentations qui font de cet état de vie un phénomène résiduel et considéré comme étranger aux logiques sociales actuelles, alors que les formes et expériences de vie religieuse ont connu de profondes transformations,fondées notamment sur la métaphorisation de la thématique de la « fuite du monde » et une révision des règles post-conciliaires (Hervieu-Léger, 2017 ; Jonveaux 2018).

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