Appel à communication Journée d’études de l’AJCH – Les sources exogènes

Lieu : Lille
Date : 19 mai 2017
Date limite de réponse à l’appel : 10 janvier 2017
L’appel complet ici.

Dans la pratique de la recherche historique, le croisement de sources de diverses origines constitue un fondement disciplinaire essentiel. En leur sein, l’historien doit régulièrement composer avec des sources issues de témoins extérieurs à la société ou au terrain qu’il entend étudier, soit que ces documents comblent des lacunes dans les sources locales ou pallient des difficultés d’accès ou de traitement de ces sources, soit qu’ils soumettent un point de vue différent sur un événement ou un contexte historique.

Ce sont ces « sources exogènes », produites dans un contexte différent de celui qu’elles décrivent – que ce soit d’un point de vue géographique, culturel, social ou même économique (le bourgeois évoquant l’ouvrier, le voyageur parlant de l’indigène, le chrétien décrivant le juif, l’anarchiste dénonçant le militaire… – et inversement), leur définition, leur production, leurs enjeux, leur mode d’utilisation, que cette journée d’étude entend interroger.

En intégrant des communications traitant de toutes les périodes historiques, de l’Antiquité à l’époque contemporaine, il s’agira d’aborder les sources exogènes dans leur pluralité et dans leurs différents usages historiques et historiographiques, pour mieux tenter d’abord de les définir, de voir ce qui, dans leurs milieux de production, leur forme ou leur contenu, les établit comme extérieures au contexte qu’elles présentent ; quelle distance s’établit entre l’ « endogène » et l’ « exogène ». De la curiosité à la domination, il s’agira également d’observer les rapports induits par cette distance, et comment cette altérité se manifeste, dans quels domaines, selon quelles modalités. Comment ces sources peuvent-elles parfois reconstruire, mettre en scène ou réinventer les situations qu’elles prétendent décrire, et à quelles fin ? Quelles pourraient être les nuances, dans l’analyse historique, suggérées par une certaine proximité (factuelle ou revendiquée) à l’égard de ce que décrivent ces sources ? La définition de cette distance exacte permettra alors de voir en quoi elle influence la perception de ce que les sources exogènes prétendent observer, mais aussi ses enjeux et son impact, tant sur le milieu de production de ces sources que sur celui qu’elles décrivent. Cette réflexion commune sera enfin l’occasion de revenir sur les points de méthode que soulève le maniement de ces sources, et de tracer des lignes communes sur les écueils qu’elles impliquent pour le chercheur, les manières de les critiquer, de les croiser, de les traiter.

Les propositions de contributions, d’environ 2000 signes, accompagnées d’un CV, sont à envoyer à l’adresse ajchsources2017@gmail.com avant le 10 janvier 2017.

Pour pouvoir ainsi aborder les sources exogènes de manière globale, afin de cerner tant leur spécificité, leur intérêt et la particularité de leur analyse, plusieurs axes ont été retenus :

Axe 1 : Définitions et catégorisation de l’exogène

– Distance, distinction, opposition à l’objet observé : qu’est-ce qui fait l’exogène ? De l’« endogène » à l’« exogène », où placer le curseur en terme de distance ou de proximité à l’objet observé ? Le poids de l’interprétation dans la différentiation entre exogène et endogène et le traitement des « zones grises » où la pertinence d’une ligne de démarcation entre exogène et endogène reste à questionner

– Allogène, polygène, étranger, différent, opposé : les différents modes et degrés d’altérité des sources exogènes.

– Pluralité des sources exogènes : natures, supports, auteurs, contextes des sources exogènes.

– Points de rapprochement entre sources exogènes : quelle unité donner à cet ensemble ? Y a-t-il des milieux, des formes et des supports plus favorables que d’autres à la production de sources exogènes ?

– Quelle part et quel poids des sources exogènes face aux sources « endogènes » ?

Axe 2 : Constructions et limites de l’altérité dans les sources exogènes

– Le regard extérieur – entre réalité et posture – et les effets de la distanciation : présentation et représentation de la position de l’auteur étranger au contexte observé.

– Les imaginaires véhiculés par les sources exogènes et ce qu’ils peuvent révéler de l’auteur.

– Les limites de la distanciation et les rapports de proximité au contexte observé : sources exogènes « intégrées » au milieu qu’elles évoquent, sources exogènes « cachées » : les sources exogènes sont-elles toujours distantes de l’objet qu’elles observent ?

– La langue de l’exogène et son rapport à la langue de l’indigène : problèmes de traduction, de distances, de compréhension.

Axe 3 : Enjeux et impact de la production des sources exogènes

– Les implications et les enjeux de la production de sources extérieures.

– De la curiosité à la domination, les rapports induits par les sources exogènes face au contexte qu’elles décrivent.

– Modalités de la diffusion des sources exogènes par rapport aux sources endogènes : notamment la mise en avant ou la censure de ces sources ; leurs publics et leur impact par rapport aux sources endogènes.

– La circulation, la réception et l’intégration (et leurs contraires) des sources exogènes.

Axe 4 : Usages historiens des sources exogènes

– Apports et interprétation des sources exogènes pour l’historiographie. Les sources exogènes face aux nouveaux outils d’analyse.

– Les problèmes posés par les sources exogènes dans la pratique historienne. Quel rôle donner aux sources exogènes ? Leur rôle est-il nécessairement secondaire ?

– La particularité des cas où les sources exogènes sont les seules utilisables ou connues pour étudier un milieu donné.

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Cette journée d’étude organisée par l’Association des Jeunes Chercheurs en Histoire (AJCH) est dédiée aux doctorants et post-doctorants en histoire, histoire du droit, histoire de l’art et archéologie et travaillant sur toutes les périodes, de l’Antiquité à l’époque contemporaine. Elle devrait faire l’objet d’une publication.

Les propositions de contributions, d’environ 2000 signes, accompagnées d’un CV, sont à envoyer à l’adresse ajchsources2017@gmail.com avant le 10 janvier 2017.

Le résultat de l’évaluation des propositions de contribution par le comité scientifique sera connu courant février.

Organisation : Benoît Carré (Université Lille 3), Eleonora Colangelo (Université Paris 7 – Université de Pise), Aude Chevalier (Université Paris Ouest – Nanterre), Marine Coquet (docteure de l’EHESS), Fanny Giraudier (LARHRA, Université de Lyon 2), Solenn Huitric (LARHRA, ENS de Lyon), Nga Bellis-Phan (Université Paris 2) Matthieu Rajohnson (Université Paris Ouest – Nanterre), Marine Simon (EA3881 GRHis, Université de Rouen), Simon Vacheron (Université Paris-Sorbonne), Nataliya Yatsenko (Université Paris 7).