Appel à articles : L’entomologie savante

Revue RursusSpicae

Date limite de réponse à l’appel : 1er octobre 2021

Même avant l’invention, décisive à leur égard, du microscope, les insectes et autres arthropodes ont fait l’objet d’une attention et d’une vigilance parfois remarquables dans la littérature philosophico-scientifique. Si les œuvres médicales antiques et médiévales les réduisaient quasiment au statut de nuisibles, Aristote se penche sur leurs modes de génération, leurs métamorphoses, le régime et le comportement social de certains d’entre eux et tente de concevoir leur cohérence anatomique et de limiter leur disparate. Car « chez absolument tous les animaux il y a quelque chose de naturel, c’est-à-dire de beau » (Aristote, PA 645a22-3). Pline, quatre siècles plus tard, sur la base des travaux grecs, leur consacre un livre entier (11) de son Histoire naturelle. Les insecta, minutae ou vermes, desservis par leur taille et leur apparente inutilité ou nocivité, semblent un monde pauvre et réduit à quelques genres vedettes, que la symbolique « épingle » régulièrement, depuis les épopées bibliques ou homériques jusqu’aux bestiaires et commentaires de la tradition du Physiologus. Les encyclopédistes du « siècle d’or » (1180-1260) semblent renouer avec un intérêt extensif pour la nature incluant les insectes qu’ils cataloguent et scrutent parfois avec une attention nouvelle. Ce numéro entend mettre l’accent sur les humbles et les sans grades de la faune antique et médiévale, à travers à la fois les savoirs et les usages auxquels ils donnent lieu et développement.

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