Appel à contributions : « Après le conflit, un monde nouveau ? Reconstruction, pacification et renouveau dans les sociétés d’après-guerre (Antiquité à nos jours) »

Lieu : Saint-Mihiel

Dates : 21-23 novembre 2019

Date limite de réponse à l’appel : 21 avril 2019

Les conflits, qu’ils soient armés ou non, constituent bien souvent des césures, entérinées par des accords de trêve ou de paix, après lesquelles il faut procéder à de nécessaires pacifications et reconstructions. Faire la paix ou accepter un armistice, une trêve, est déjà en soi un pas vers la reconstruction de sociétés, de groupes ou d’individus marqués par les stigmates du conflit et les destructions matérielles, les fractures plus ou moins importantes, autant d’éléments qu’il s’agit d’affronter et de surmonter pour asseoir une paix et un renouveau que l’on espère durables. Toutes les périodes de l’histoire ont été confrontées à ces dynamiques humaines et économiques, les ayant plus ou moins bien surmontées. Le centenaire de la Grande Guerre nous montre toute l’actualité de cette question. Le colloque tenu à Nancy Reconstruction. Architecture et urbanisme après la Grande Guerre. La reconstruction en Lorraine et dans le Grand Est (Nancy, 4-7 octobre 2017), comme aussi celui qui s’est déroulé récemment à Charleville-Mézières, Reconstruction(s) (1er-2 février 2019), en sont de récentes illustrations. Si le premier colloque a mis l’accent sur les aspects matériels et architecturaux, le second a bien montré l’intérêt qu’il y a à intégrer les données sociétales et politiques (individus, souvenir, mémoire, sociabilités, cultures) dans le questionnement sur la reconstruction.

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Appel à contributions : Lettres, plumes et pinceaux. Représentations croisées du geste épistolaire dans la Littérature, les Beaux-Arts et les pratiques quotidiennes (Antiquité-XXIe siècle)

Lieu : Université de Limoges

Dates : 26-27 septembre 2019

Date limite de réponse à l’appel : 30 juin 2019

Ce colloque interdisciplinaire Texte/Image, ouvert à la Littérature, l’Histoire, l’Histoire de l’Art et la Sociologie, se donne pour mission d’interroger, dans sa complexité et son évolution, le geste épistolaire (lire, écrire une lettre) à travers ses représentations historiques, plastiques et littéraires. On connaît, à certaines époques, les représentations iconographiques quasi sacrées de scribes ou de moines copistes. Les représentations picturales d’épistoliers et d’épistolières sont plus nombreuses à l’âge classique, en particulier dans la peinture hollandaise, où hommes et femmes, dans un cadre privé, sont représentés recevant, manipulant, écrivant et lisant des lettres (voir Jean Leymarie, L’Esprit de la lettre dans la peinture, Skira, 1967, ainsi que les études iconographiques proposées à partir de ses couvertures par la revue de l’AIRE, Épistolaire).

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Appel à contributions : Les sources macabres (journée d’études de l’AJCH)

Lieu : Université de Lausanne (Suisse)

Date : 14 novembre 2019

Date limite de réponse à l’appel : 31 mai 2019

« Eram quod es ; eris quod sum ». Rappel macabre, s’il en est, de toute fin qui attend l’Homme. « J’étais ce que tu es ; tu seras ce que je suis » lui rappelle sa condition : sans cesse confronté à la mort, essayant tantôt de la dompter, de la conjurer, de l’éloigner ou au contraire de la rendre plus visible, présente aux côtés des vivants. Ces relations fluctuantes traversent les époques, mais n’en sont pas moins diverses et multiples, suivant les circonstances et les civilisations. Dans son travail sur le passé, chaque historien•ne est confronté•e à des sources macabres, en lien avec la mort ou le deuil. D’abord réservé aux seules danses médiévales peintes, dans un contexte de fin de guerre de Cent ans, également marqué par la peste et de multiples crises frumentaires et climatiques, l’adjectif « macabre » en est ensuite venu, par extension, à désigner tout ce qui a trait au domaine funéraire ; voire ce qui est simplement sinistre. C’est dans son acception liée à la mort que la présente journée d’études se propose de l’aborder.

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Appel à contribution : Traduction… trahison ? Textes, représentations, archéologie, autorité et mémoire de l’Antiquité à la Renaissance

Lieu : Université de Picardie-Jules Verne

Dates : 11-13 mars 2020

Date limite de réponse à l’appel : 15 septembre 2019

Les premières traductions signées sont apparues à l’époque romaine : Livius Andronicus, traducteur de L’Odyssée en vers latins au IIIe s. avant J.-C est le premier traducteur européen dont le nom soit connu : son objectif est pédagogique : il enseignait le grec et le latin aux enfants de son maître. Peu de temps après et dans un but tout aussi pédagogique, la Bible, composite d’hébreu, d’araméen et de grec connaîtra ses premières traductions : la Septante (ca 250-117 av. J.-C.). De nombreuses autres suivront, de la Vulgate de Jérôme à la traduction « ultra-littérale » d’André Chouraqui, en passant par la Bible de Wycliffe, la Bible de Genève (référence pour le protestantisme de langue française jusqu’au début du XVIIIe), la Bible de Lefèvre d’Étaples et celle de Port-Royal (1696) ainsi que les nouvelles traductions aux XIXe et XXe siècles.

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Appel à contributions : journée d’études « Complaintes urbaines »

Lieu : EHESS (Paris)

Date : 15 octobre 2019

Date limite de réponse à l’appel : 1er juin 2019

Les plaintes ne sont pas des objets inconnus des sciences sociales. Elles appartiennent à la grande famille des courriers adressés aux autorités, mobilisés par différentes disciplines dans des perspectives variées. C’est aux plaintes déposées auprès de l’autorité judiciaire que s’est intéressé le sociologue Jean-François Laé, étudiant comment une jurisprudence s’est peu à peu construite à partir de ces manifestations de souffrance et ces demandes d’aide et de réparation (Laé 1996). À partir de lettres de dénonciations d’injustice adressées au journal Le Monde, c’est le sens du juste et les registres de la justification qu’ont, pour leur part, cherché à saisir les sociologues Luc Boltanski, Yann Daré et Marie-Ange Schiltz (Boltanski, Daré et Schiltz 1984). Au croisement de ces deux veines interprétatives, Emilia Schijman a enquêté dans une cité HLM et, épluchant les dossiers administratifs, montré comment les locataires n’ont de cesse, par leurs protestations écrites, d’interpeler les administrations mais aussi peuvent infléchir les décisions des tribunaux (Schijman 2013). La plainte est une mise en récit. Et d’abord, une mise en récit de soi, qui se conforme aux attentes supposées du destinataire et à des normes tacites. Le sociologue Didier Fassin a analysé cette injonction à se raconter, à construire un dossier en même temps qu’un argumentaire pour certains ayants-droit. En se fondant sur les demandes d’aide auprès du Fonds d’urgence sociale créé en 1998, des sollicitations baptisées suppliques, il a mis en évidence le travail rhétorique à l’œuvre et la construction d’une double relation de sollicitation et de sollicitude entre les citoyens et les pouvoirs publics (Fassin 2000). Les historiens ne sont pas en reste qui ont également fait des suppliques adressées aux autorités des objets d’études (Hayat 2018, Cerruti 2010). Très encadrées par les procédures, les pétitions aux assemblées, enregistrées à différentes époques (Jarrige 2004, Durelle-Marc 2008, Riot-Sarcey 2008) ou dans différents pays (Agnès 2018), ont, quant à elles, plus particulièrement retenu l’attention des historiens du politique et des politistes (Contamin 2003, Dumolyn 2015).
C’est dans une perspective d’étude urbaine qu’on se propose ici de porter attention à des corpus de plaintes, focalisant l’attention sur des écrits de citadins. Constituées en corpus par les autorités auxquelles elles sont adressées ou par ceux qui les analysent, ces lettres adressées aux pouvoirs urbains, individuelles la plupart du temps, font entendre des mécontentements. Elles se distinguent des suppliques dans la mesure où leurs auteurs ne demandent ni faveurs ni passe-droits. C’est au contraire généralement leur bon droit qu’ils entendent faire prévaloir, s’estimant lésés.
Ces écrits sont l’occasion de mesurer plusieurs distances. La première entre les projections des édiles sur la ville à venir et l’espace que le plaignant décrit comme son cadre de vie et d’activités. La deuxième touche à la temporalité : alors que les pouvoirs aménageurs (politique, administratif, technique) argumentent pour améliorer le cadre urbain (circulation, insalubrité) pour l’avenir, les administrés ancrent leur description dans le présent, voire le passé, de leur lieu de vie. Confronter ces plaintes avec les projets urbains est ainsi l’occasion d’embrasser l’écart entre un monde à venir et celui qui disparaît, habituellement évoqué à titre pittoresque. Au contraire, les plaintes redonnent corps aux pratiques urbaines en tout genre qui font aussi la ville. Les voisinages, le travail, les déambulations ou les rassemblements s’inscrivent dans un territoire urbain façonné par les années, et les habitudes, et lorsqu’un pouvoir bouleverse ces agencements, les plaignants couchent sur papier ce qui probablement ne serait jamais parvenu à nous. Enfin, ultime distance, la plainte a pour vertu de forcer l’historien à se décaler des argumentaires implacables qui condamnent un morceau de ville. Elle lève le voile sur des sociabilités inscrites dans l’espace urbain, au moment où celles-ci se sentent menacées. Elles incitent à ne pas seulement considérer ceux qui écrivent comme des victimes.
Manuscrites la plupart du temps, ces lettres de plaintes appartiennent au répertoire protestataire. Que nous disent, dans les différents contextes où elles s’expriment, ces complaintes à bas bruit de leurs auteurs, des relations qu’entretiennent les citadins avec ceux qui les gouvernent mais aussi des modes de vie urbains, de la vie quotidienne ou des sociabilités en ville ? Quelles formes prennent ces doléances couchées par écrits et quelles stratégies déploient les plaignants pour obtenir gain de cause ? Des intermédiaires sont-ils sollicités pour l’écriture de ces plaintes ? Dans quelle mesure ces écrits protestataires, longtemps considérés comme mineurs et souvent négligés, sont-ils susceptibles de nous renseigner sur la participation des citadins à la « fabrique ordinaire » ou au mode de gouvernement des villes ? Contrepoints aux discours officiels (Montel 2012, Backouche 2016), ces voix discordantes peuvent-elles contribuer à enrichir une approche sociale des villes d’hier ou d’aujourd’hui ou doivent-elles rester cantonnées à un registre anecdotique ? Ces récits d’habitants reçus et conservés par les administrations urbaines dans des dossiers administratifs, dispersés lorsqu’aucun guichet particulier n’a été mis en place pour le recevoir – comme cela a pu être le cas dans certains pays de l’Est (Nérard 2002) -, retracent des existences et des situations dont il serait difficile par ailleurs d’avoir connaissance. Dans quelle mesure ces écrits singuliers peuvent-ils nous aider à rendre visibles des phénomènes urbains généralement passés inaperçus ? Comment les pouvoirs interpelés choisissent-ils de réagir face à ces exposés de griefs qui leur demandent au surplus d’intervenir ? Ces réclamations de citadins ordinaires et ces démarches individuelles ont elles le pouvoir d’infléchir les politiques mises en place ou de modifier certaines pratiques des pouvoirs urbains ? Dans le cas de grands chantiers urbains, comment un individu qui écrit à l’administration imagine-t-il que sa requête pourra avoir le moindre effet ? Le fait qu’on trouve trace de ces plaintes dans les dossiers administratifs, et que souvent on puisse prendre connaissance du brouillon de la réponse faite, suggère que l’administration prend au sérieux ces plaintes, notamment dans la perspective de rendre acceptables ses projets. Comment mettre à profit la sédimentation des écrits provoquée par l’interaction entre plaignants et administration ? Autant de questions qu’il s’agirait d’examiner à partir d’une série d’études de cas appartenant à des temps et espaces variés et prenant appui sur l’identification et l’analyse de corpus de lettres de plaintes.
Les propositions de communication, d’une page environ précisant la problématique et le corpus retenus, peuvent émaner de toutes les disciplines et sont à adresser, d’ici le 1er juin 2019, aux organisatrices : Isabelle Backouche (EHESS-CRH) (Isabelle.backouche@ehess.fr) et Nathalie Montel (École des ponts Paris-Tech, LATTS) (Nathalie.montel@enpc.fr)

Appel à contributions : frontières spatiales, frontières sociales

Lieu : Perpignan

Dates : 21-24 mai 2020

Date limite de réponse à l’appel : 22 avril 2019

La frontière n’est pas un objet historique nouveau: au XIXe siècle, la naissance de la discipline historique fut contemporaine de celle des frontières des États-nations, souvent décrites comme naturelles. Le Moyen Âge fut alors vu longtemps comme une période de transition entre l’Antiquité, marquée par le modèle du limes romain, et les frontières de l’État moderne. La pluralité des définitions et des conceptions de la frontière, à la fois fermeture d’un territoire et zone de passage, a cependant donné lieu très tôt à une abondante historiographie, très diversifiée selon les pays. Si des propositions peuvent s’insérer dans ce cadre, le congrès commencera, après le rapport introductif, par une table-ronde présentant plusieurs traditions historiographiques nationales, afin d’en saisir les enjeux. Mais au-delà de cette diversité, la frontière doit être pensée comme une construction sociale, autant que politique, comme le lieu d’un rapport très singulier entre un espace spécifique et des constructions sociales qui lui sont propres. Ce 51e congrès de la SHMESP entend donc proposer une histoire sociale de la frontière, afin de voir dans quelle mesure s’y construisent des formes de relations sociales originales, qui en retour contribuent à définir et transformer ces espaces – et ainsi comprendre ce qui crée la frontière, qui la crée et selon quelles modalités.

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Appel à contributions : Maître(s) et disciple(s)

Revue : « Quêtes littéraires », n° 9

Date de parution : décembre 2019

Date limite de réponse à l’appel : 15 mai 2019

Envisagés sous l’angle de leur étymologie, les deux termes clés évoqués dans le titre, maître et disciple, s’avèrent être foncièrement antonymiques. En effet, le magister latin issu de « magis » a la même racine indo-européenne « meg(h) » que le latin « magnus » ou bien le grec « megas » – tous signifiant « grand ». Cependant, considérée dans une perspective plus générale, cette étymologie peut également nous placer dans un champ plus vaste, celui que nous voulons situer au cœur des réflexions, à savoir celui des relations maître-disciple ainsi que des rôles qu’ils prennent l’un vis-à-vis de l’autre dans les littératures française et francophone à travers les siècles.

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Appel à contributions : Nourrir, se nourrir, enjeux de pouvoirs de l’Antiquité au Moyen Âge

Lieu : Université de Picardie (Amiens)

Dates : 18-19 novembre 2019

Date limite de réponse à l’appel : 30 avril 2019

L’histoire de l’alimentation a été beaucoup explorée durant les vingt dernières années, selon des approches variées allant d’une très classique analyse économique au vaste champ de l’anthropologie historique. Les enjeux de pouvoir représentés par la maîtrise du ravitaillement ainsi que par la redistribution de la nourriture, voire ses usages symboliques, ne sont naturellement pas non plus un domaine vierge. Cependant, ces thématiques mériteraient peut-être de se voir accorder une place plus centrale que cela n’a été le cas jusqu’à présent, et c’est là l’ambition du colloque « Nourrir, se nourrir : enjeux de pouvoir de l’Antiquité au Moyen Âge », organisé à Amiens les 18 et 19 novembre 2019 : reprendre ces questions à nouveaux frais dans une perspective diachronique allant de la période archaïque à la fin du Moyen Âge.

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AAC Colloque Anthéia « Règles et subversions dans le monde antique méditerranéen ».

Dates: 17 et 18 avril 2020

Lieu:Paris Sorbonne

Date limite de réponse à l’appel: 4 mai 2019

Cette manifestation scientifique s’adresse en priorité aux jeunes chercheurs (doctorants et docteurs jusqu’à trois ans après la soutenance) des différentes disciplines des sciences de l’Antiquité. Dans les mentalités antiques le monde est perçu comme une entité organisée (kosmos), comme un édifice harmonieux dont on s’efforce de décrire les règles. Que ce soit dans l’ordonnancement du monde, de la société ou dans la conduite de l’individu, dans la production artistique comme scientifique, la notion de norme structure la perception et les consciences. Principes rhétoriques, lois mathématiques, canons esthétiques ou codes juridiques, les règles irriguent ainsi tous les domaines, et semblent se doubler d’un impératif scientifique et moral. La norme, qu’elle soit le polysémique nomos des Grecs, à la fois loi divine et humaine, ou les notions latines de mos, lex et regula, qui couvrent les champs moraux, juridiques et artistiques, apparaît donc à la fois comme un moyen de définition, un critère de distinction entre le bien et le mal, mais aussi un outil de répression. Pourtant, il y a un curieux penchant grec comme latin pour le chaos et la subversion, cette dernière étant entendue tantôt comme un détournement de la règle, tantôt comme une véritable transgression. Il serait ainsi intéressant d’étudier la façon dont se manifeste la subversion : est-elle circonscrite ou généralisée, soudaine ou progressive, involontaire ou délibérée, discrète ou patente ?

Appel complet ici

Appel à contributions : Environnement, ville et pouvoirs

Lieu : Université de Paris-Est Marne-la-Vallée

Date : 11 octobre

Date limite de réponse à l’appel : 1er mai 2019

Alors que les enjeux environnementaux prennent une place croissante dans tous les esprits, force est de constater que les acteurs qui ont un pouvoir sur ces questions n’en tirent pas toutes les conséquences, quelle que soit l’échelle d’action territoriale : les atermoiements de la COP24, la polarisation des oppositions autour des projets d’aménagement, ou encore les contradictions dans les modes de vie des individus nous le rappellent. Cela est en particulièrement le cas pour les territoires urbains, dénoncés comme des centres d’hyper-consommation des ressources, producteurs d’injustices et qui sont parfois détestés et fuis pour des raisons environnementales ou hygiéniques (Baubérot, Bourillon, 2009). Ces enjeux relatifs aux rapports entre nature et société font l’objet d’interrogations par les chercheur·es en sciences humaines et sociales, en particulier depuis les années 1990-2000. Au-delà des analyses produites par les chercheur·es sur les politiques environnementales menées depuis les années 1970 dans la plupart des territoires, la notion d’environnement conduit à porter un regard neuf sur des phénomènes historiques, géographiques ou sociaux significatifs des rapports entre les sociétés et leurs milieux.

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