Appel à contributions : Intra et extra muros. La ville à l’époque romane (XIe–début XIIIe s.) : matérialité, image, imaginaire

Lieu : Issoire

Dates : 11-12 octobre 2019

Date limite de réponse à l’appel : 03 juin 2019

La « période romane » (XIe-début XIIIe s.) est celle de la plus profonde transformation du paysage urbain de l’Occident depuis l’époque des oppida et des fondations grecques (VIe-IVe siècles av. J.-C.) et romaines (IIe siècle av. – Ier siècle apr. J.-C.) et jusqu’aux bouleversements apportés au tissus et au paysage urbains par la « révolution industrielle ». Cette transformation s’accomplit par une croissance des organismes urbains et périurbains préexistants; par l’augmentation du nombre de ces organismes et leur densification, en particulier grâce à l’apparition d’un grand nombre de petites villes et de villes moyennes, tandis que beaucoup des « agglomérations secondaires » antiques – que la prospection archéologique a mis au jour depuis une vingtaine d’années – ont disparu ou ont subi des déplacements ; par l’élargissement géographique du monde urbain occidental, grâce à la mise en place d’une armature urbaine, pour la première fois dans leur histoire, dans les nouveaux pays que sont les Îles britanniques au-delà de l’antique limes, la Germanie transrhénane, les mondes scandinaves et slaves… c’est-à-dire largement au-delà des limites de l’ancienne Romania. Par là même s’établit peu à peu, nonobstant de fortes particularités régionales, une unification du monde occidental – qui demeure pourtant profondément rural – au travers de son «paysage de villes» et du poids de ses activités urbaines.

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Appel à contributions : journée d’études « Complaintes urbaines »

Lieu : EHESS (Paris)

Date : 15 octobre 2019

Date limite de réponse à l’appel : 1er juin 2019

Les plaintes ne sont pas des objets inconnus des sciences sociales. Elles appartiennent à la grande famille des courriers adressés aux autorités, mobilisés par différentes disciplines dans des perspectives variées. C’est aux plaintes déposées auprès de l’autorité judiciaire que s’est intéressé le sociologue Jean-François Laé, étudiant comment une jurisprudence s’est peu à peu construite à partir de ces manifestations de souffrance et ces demandes d’aide et de réparation (Laé 1996). À partir de lettres de dénonciations d’injustice adressées au journal Le Monde, c’est le sens du juste et les registres de la justification qu’ont, pour leur part, cherché à saisir les sociologues Luc Boltanski, Yann Daré et Marie-Ange Schiltz (Boltanski, Daré et Schiltz 1984). Au croisement de ces deux veines interprétatives, Emilia Schijman a enquêté dans une cité HLM et, épluchant les dossiers administratifs, montré comment les locataires n’ont de cesse, par leurs protestations écrites, d’interpeler les administrations mais aussi peuvent infléchir les décisions des tribunaux (Schijman 2013). La plainte est une mise en récit. Et d’abord, une mise en récit de soi, qui se conforme aux attentes supposées du destinataire et à des normes tacites. Le sociologue Didier Fassin a analysé cette injonction à se raconter, à construire un dossier en même temps qu’un argumentaire pour certains ayants-droit. En se fondant sur les demandes d’aide auprès du Fonds d’urgence sociale créé en 1998, des sollicitations baptisées suppliques, il a mis en évidence le travail rhétorique à l’œuvre et la construction d’une double relation de sollicitation et de sollicitude entre les citoyens et les pouvoirs publics (Fassin 2000). Les historiens ne sont pas en reste qui ont également fait des suppliques adressées aux autorités des objets d’études (Hayat 2018, Cerruti 2010). Très encadrées par les procédures, les pétitions aux assemblées, enregistrées à différentes époques (Jarrige 2004, Durelle-Marc 2008, Riot-Sarcey 2008) ou dans différents pays (Agnès 2018), ont, quant à elles, plus particulièrement retenu l’attention des historiens du politique et des politistes (Contamin 2003, Dumolyn 2015).
C’est dans une perspective d’étude urbaine qu’on se propose ici de porter attention à des corpus de plaintes, focalisant l’attention sur des écrits de citadins. Constituées en corpus par les autorités auxquelles elles sont adressées ou par ceux qui les analysent, ces lettres adressées aux pouvoirs urbains, individuelles la plupart du temps, font entendre des mécontentements. Elles se distinguent des suppliques dans la mesure où leurs auteurs ne demandent ni faveurs ni passe-droits. C’est au contraire généralement leur bon droit qu’ils entendent faire prévaloir, s’estimant lésés.
Ces écrits sont l’occasion de mesurer plusieurs distances. La première entre les projections des édiles sur la ville à venir et l’espace que le plaignant décrit comme son cadre de vie et d’activités. La deuxième touche à la temporalité : alors que les pouvoirs aménageurs (politique, administratif, technique) argumentent pour améliorer le cadre urbain (circulation, insalubrité) pour l’avenir, les administrés ancrent leur description dans le présent, voire le passé, de leur lieu de vie. Confronter ces plaintes avec les projets urbains est ainsi l’occasion d’embrasser l’écart entre un monde à venir et celui qui disparaît, habituellement évoqué à titre pittoresque. Au contraire, les plaintes redonnent corps aux pratiques urbaines en tout genre qui font aussi la ville. Les voisinages, le travail, les déambulations ou les rassemblements s’inscrivent dans un territoire urbain façonné par les années, et les habitudes, et lorsqu’un pouvoir bouleverse ces agencements, les plaignants couchent sur papier ce qui probablement ne serait jamais parvenu à nous. Enfin, ultime distance, la plainte a pour vertu de forcer l’historien à se décaler des argumentaires implacables qui condamnent un morceau de ville. Elle lève le voile sur des sociabilités inscrites dans l’espace urbain, au moment où celles-ci se sentent menacées. Elles incitent à ne pas seulement considérer ceux qui écrivent comme des victimes.
Manuscrites la plupart du temps, ces lettres de plaintes appartiennent au répertoire protestataire. Que nous disent, dans les différents contextes où elles s’expriment, ces complaintes à bas bruit de leurs auteurs, des relations qu’entretiennent les citadins avec ceux qui les gouvernent mais aussi des modes de vie urbains, de la vie quotidienne ou des sociabilités en ville ? Quelles formes prennent ces doléances couchées par écrits et quelles stratégies déploient les plaignants pour obtenir gain de cause ? Des intermédiaires sont-ils sollicités pour l’écriture de ces plaintes ? Dans quelle mesure ces écrits protestataires, longtemps considérés comme mineurs et souvent négligés, sont-ils susceptibles de nous renseigner sur la participation des citadins à la « fabrique ordinaire » ou au mode de gouvernement des villes ? Contrepoints aux discours officiels (Montel 2012, Backouche 2016), ces voix discordantes peuvent-elles contribuer à enrichir une approche sociale des villes d’hier ou d’aujourd’hui ou doivent-elles rester cantonnées à un registre anecdotique ? Ces récits d’habitants reçus et conservés par les administrations urbaines dans des dossiers administratifs, dispersés lorsqu’aucun guichet particulier n’a été mis en place pour le recevoir – comme cela a pu être le cas dans certains pays de l’Est (Nérard 2002) -, retracent des existences et des situations dont il serait difficile par ailleurs d’avoir connaissance. Dans quelle mesure ces écrits singuliers peuvent-ils nous aider à rendre visibles des phénomènes urbains généralement passés inaperçus ? Comment les pouvoirs interpelés choisissent-ils de réagir face à ces exposés de griefs qui leur demandent au surplus d’intervenir ? Ces réclamations de citadins ordinaires et ces démarches individuelles ont elles le pouvoir d’infléchir les politiques mises en place ou de modifier certaines pratiques des pouvoirs urbains ? Dans le cas de grands chantiers urbains, comment un individu qui écrit à l’administration imagine-t-il que sa requête pourra avoir le moindre effet ? Le fait qu’on trouve trace de ces plaintes dans les dossiers administratifs, et que souvent on puisse prendre connaissance du brouillon de la réponse faite, suggère que l’administration prend au sérieux ces plaintes, notamment dans la perspective de rendre acceptables ses projets. Comment mettre à profit la sédimentation des écrits provoquée par l’interaction entre plaignants et administration ? Autant de questions qu’il s’agirait d’examiner à partir d’une série d’études de cas appartenant à des temps et espaces variés et prenant appui sur l’identification et l’analyse de corpus de lettres de plaintes.
Les propositions de communication, d’une page environ précisant la problématique et le corpus retenus, peuvent émaner de toutes les disciplines et sont à adresser, d’ici le 1er juin 2019, aux organisatrices : Isabelle Backouche (EHESS-CRH) (Isabelle.backouche@ehess.fr) et Nathalie Montel (École des ponts Paris-Tech, LATTS) (Nathalie.montel@enpc.fr)

Appel à contributions : Historiographical Narrative, the Great Schism and the Hundred Years War (1337-1453): Discourse, Religiosity and Reality

Lieu : Université de Lisbonne (Portugal)

Dates : 30-31 mai 2019

Date limite de réponse à l’appel : 1er mai 2019

The International Congress: “Historiographical Narrative, the Great Schism and the Hundred Years War (1337-1453): Discourse, Religiosity and Reality”, to be held in Lisboa at NOVA School of Social Sciences and Humanities of Universidade Nova de Lisboa, during the 30th-31st May, 2019, is dedicated to the study of medieval chronicles as historical sources, both through analysis of their narrative content and by comparison with data contained in chancellery documentation (royal, ecclesiastical, nobiliary, and municipal) with particular focus on the geopolitical and social relationships in operation between various power groups during the period of the Great Schism and the Hundred Years War (1337-1453). This Congress seeks to highlight the continuous dialogue between, on the one side, historiographical representation, and on the other, the reality as transmitted in official documents produced by the power groups who facilitated or influenced the processes of change or dynastic consolidation in different Peninsular and European kingdoms in the context of the Avignon papacy and the Franco/English war. These power groups may be divided into categories including: clergy, nobility, officialdom, bourgeoisie and people. Elements within these groups had differing objectives, but their methods for attaining them were often common, allowing for the creation of alliances and the formation of heterogeneous blocks.

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Appel à contributions : frontières spatiales, frontières sociales

Lieu : Perpignan

Dates : 21-24 mai 2020

Date limite de réponse à l’appel : 22 avril 2019

La frontière n’est pas un objet historique nouveau: au XIXe siècle, la naissance de la discipline historique fut contemporaine de celle des frontières des États-nations, souvent décrites comme naturelles. Le Moyen Âge fut alors vu longtemps comme une période de transition entre l’Antiquité, marquée par le modèle du limes romain, et les frontières de l’État moderne. La pluralité des définitions et des conceptions de la frontière, à la fois fermeture d’un territoire et zone de passage, a cependant donné lieu très tôt à une abondante historiographie, très diversifiée selon les pays. Si des propositions peuvent s’insérer dans ce cadre, le congrès commencera, après le rapport introductif, par une table-ronde présentant plusieurs traditions historiographiques nationales, afin d’en saisir les enjeux. Mais au-delà de cette diversité, la frontière doit être pensée comme une construction sociale, autant que politique, comme le lieu d’un rapport très singulier entre un espace spécifique et des constructions sociales qui lui sont propres. Ce 51e congrès de la SHMESP entend donc proposer une histoire sociale de la frontière, afin de voir dans quelle mesure s’y construisent des formes de relations sociales originales, qui en retour contribuent à définir et transformer ces espaces – et ainsi comprendre ce qui crée la frontière, qui la crée et selon quelles modalités.

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AAC: Les militaires dans la fabrique de la paix

Lieu de la manifestation : Vincennes
Date(s) : 14-15 novembre 2019
Date limite de réponse à l’appel : 15 juin 2019

Dans la veine des travaux consacrés à la naissance de l’expertise dans le champ diplomatique, ce colloque entend se concentrer sur la figure du militaire qui a été moins étudiée que d’autres catégories d’experts intervenant dans la fabrique de la paix. Dès 1815, les généraux étaient assis à la table des négociations discutant des possibles révisions territoriales, de la construction de forteresse et de barrières défensives. En 1919 et en 1945, ils sont encore plus impliqués dans le processus. Ce faisant, l’ambition de ce colloque est aussi d’accorder une attention particulière et renouvelée à la prise en compte des aspects militaires de la paix, que ce soit par les militaires eux-mêmes ou par les experts et décideurs civils.

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AAC: Accepter, oublier ou valoriser les fortifications des villes du Nord-Ouest de l’Europe depuis le Moyen-Âge

Date : 18 octobre 2019

Date limite réponse appel: 23 avril 2019
Lieu : IRHiS, Université de Lille (site du Pont-de-Bois)

Les fortifications et les citadelles font sans conteste partie du paysage et du tissu urbains de l’Europe du Nord-Ouest. Imposées par une géographie défavorable à la défense en l’absence de grands massifs montagneux ou forestiers, ces enceintes n’ont cessé d’évoluer depuis le Moyen-Âge avec les progrès de l’artillerie et de la poliorcétique. Le mur médiéval a progressivement fait place, sans systématiquement disparaître, à la fortification bastionnée de l’époque moderne pour aboutir à une ruralisation des défenses avec la construction de forts détachés. Parce qu’elles ont été érigées par les pouvoirs locaux pour protéger leurs biens ou par les États souverains pour renforcer leurs possessions territoriales, ces architectures défensives sont perçues différemment en fonction des enjeux politiques, économiques, sociaux et culturels qui peuvent s’y rattacher. Symboles de l’autonomie municipale ou de l’oppression étrangère, entraves imposées aux autorités civiles par les militaires, réserves foncières dans un espace saturé, les fortifications ont été vécues avec équivoque entre l’obstacle, la contrainte ou l’opportunité. Au XIXe siècle débute leur lent déclin, aboutissant à leur progressif déclassement et ouvrant la voie à un démantèlement ou une éventuelle conservation.

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AAC: Trajectoires militaires à travers les décolonisation. Moyen-Orient, Asie, Afrique XXème siècle

Lieu de la manifestation : Aix-en-Provence
Date(s) : 3 octobre 2019

Date limite de l’appel: 1er juin 2019
D’Alger au Cap, de Rabat à Saïgon, nombreux sont les militaires dont la trajectoire s’inscrit dans
une  longue  séquence  historique  englobant  période  coloniale  et  postcoloniale.  Ces  hommes
connaissent  des  carrières  qui  dépassent  les  décolonisations.  Certains  s’engagent  dans  les  armées
coloniales puis intègrent soit l’armée de libération nationale, soit directement l’armée indépendante
y gravissant les échelons, parfois jusqu’au sommet. D’autres sont formés dans les dernières années
de la décennie 1950 dans les grandes écoles militaires françaises et constituent les premiers cadres
des armées nationales qui en manquaient gravement.

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Appel à contributions : Maître(s) et disciple(s)

Revue : « Quêtes littéraires », n° 9

Date de parution : décembre 2019

Date limite de réponse à l’appel : 15 mai 2019

Envisagés sous l’angle de leur étymologie, les deux termes clés évoqués dans le titre, maître et disciple, s’avèrent être foncièrement antonymiques. En effet, le magister latin issu de « magis » a la même racine indo-européenne « meg(h) » que le latin « magnus » ou bien le grec « megas » – tous signifiant « grand ». Cependant, considérée dans une perspective plus générale, cette étymologie peut également nous placer dans un champ plus vaste, celui que nous voulons situer au cœur des réflexions, à savoir celui des relations maître-disciple ainsi que des rôles qu’ils prennent l’un vis-à-vis de l’autre dans les littératures française et francophone à travers les siècles.

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Appel à contributions : Le rayonnement d’une cathédrale

Lieu : Université de Picardie (Amiens)

Dates : 06-08 février 2020

Date limite de réponse à l’appel : 15 mai 2019

À l’occasion du 800e centenaire de la cathédrale d’Amiens, le rayonnement de la cathédrale sera envisagé à différentes échelles, locale, régionale, nationale et européenne, sous les angles spirituel, matériel et temporel, et sur une période allant du Moyen Âge jusqu’à nos jours. Depuis plus d’un siècle, des historiens, historiens de l’art, archéologues du bâti, archéomètres, anthropologues et plus récemment informaticiens ont investi la cathédrale d’Amiens dans la perspective d’ouvrir de nouveaux champs de prospections. Il s’agira d’en dresser un bilan, à travers le prisme du rayonnement et de la réception du monument.

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Appel à contributions : Nourrir, se nourrir, enjeux de pouvoirs de l’Antiquité au Moyen Âge

Lieu : Université de Picardie (Amiens)

Dates : 18-19 novembre 2019

Date limite de réponse à l’appel : 30 avril 2019

L’histoire de l’alimentation a été beaucoup explorée durant les vingt dernières années, selon des approches variées allant d’une très classique analyse économique au vaste champ de l’anthropologie historique. Les enjeux de pouvoir représentés par la maîtrise du ravitaillement ainsi que par la redistribution de la nourriture, voire ses usages symboliques, ne sont naturellement pas non plus un domaine vierge. Cependant, ces thématiques mériteraient peut-être de se voir accorder une place plus centrale que cela n’a été le cas jusqu’à présent, et c’est là l’ambition du colloque « Nourrir, se nourrir : enjeux de pouvoir de l’Antiquité au Moyen Âge », organisé à Amiens les 18 et 19 novembre 2019 : reprendre ces questions à nouveaux frais dans une perspective diachronique allant de la période archaïque à la fin du Moyen Âge.

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