QUE RESTE-T-IL DE L’HISTOIRE RELIGIEUSE ? Bilan et perspectives pour l’historiographie de la religion à l’époque moderne Colloque 6-7 mai 2022 – Sorbonne Université

Depuis la célèbre “question mal posée” de Lucien Febvre en 1929, jusqu’aux 14 tomes de l’Histoire du christianisme des origines à nos jours publiée chez Desclée entre 1992 et 2001, l’histoire religieuse s’était imposée comme une des disciplines reines de l’historiographie française, de l’Antiquité au XXe siècle. Elle avait su dépasser l’histoire ecclésiastique du XIXe siècle, en faisant du fait religieux un objet scientifique et déconfessionnalisé. Elle accompagnait, sur le plan intellectuel, l’entrée de l’Église catholique dans ce qu’il est convenu d’appeler la modernité. Par ailleurs, le maintien d’une réelle culture religieuse dans la majorité de la population française garantissait l’existence d’un “grand public cultivé” intéressé à ces recherches.

En notre XXIe siècle, qu’on qualifie parfois d’époque de la “sainte ignorance” (O. Roy), il est incontestable que l’histoire religieuse a perdu de sa centralité. On étudie de moins en moins la vie religieuse pour elle-même. Pourtant, l’objet religieux résiste, et les modernistes le rencontrent plus que jamais de manière au moins périphérique dans leurs recherches. Plutôt qu’effacement, il y a fragmentation, reconfiguration, et déplacement de la question religieuse dans l’écriture de l’histoire.

Lointain prolongement de l’école des Annales, l’histoire culturelle et des représentations, bien qu’elle approche des problèmes d’abord profanes, en revient souvent à l’omniprésence du référent religieux dans les manières de penser et de sentir de l’époque moderne. L’histoire transnationale voit également la question réapparaître sans cesse, qu’elle se penche sur l’échange de biens matériels ou le transfert de représentations culturelles. L’histoire matérielle redécouvre l’importance et la quotidienneté de l’objet religieux. L’histoire du genre interroge à nouveaux frais les conceptions et les pratiques religieuses. Celles-ci sont aussi retrouvées par l’histoire politique comme des affaires sérieuses. Au-delà de la discipline historique, l’anthropologie, la sociologie mais aussi les sciences cognitives reprennent le dossier en dialoguant avec les travaux des historiens. La recherche étrangère n’est pas en reste, comme en témoigne la vogue dans l’historiographie anglophone du concept de lived religion, traduction de notre bonne vieille “religion vécue”. Enfin, auprès du grand public, auquel on avait prophétisé son effacement, le fait religieux jouit d’un intérêt nouveau, alimenté par les débats qui traversent notre société. Dans cette double dynamique de déprise et à la fois de rémanence, l’histoire de la (ou des) religion(s) est amenée à se réinventer.

Que reste-t-il donc de l’histoire religieuse ? Qu’est-ce qui passe, qu’est-ce qui se maintient, qu’est-ce qui naît ? Quelles sont les nouvelles manières pour l’historien, dans le contexte et selon les méthodes qui sont les siens, de rencontrer et d’écrire l’histoire du fait religieux ? Lesquels de ses vieux fantômes a-t-on exorcisés, et sous quels nouveaux habits se présente-t-il ? Telles sont les questions auxquelles le présent colloque se propose de répondre, en rassemblant les contributions de chercheurs d’horizons variés, qu’ils soient spécialisés en histoire religieuse ou qu’ils rencontrent le fait religieux de l’époque moderne en l’approchant de biais. Les perspectives transdisciplinaires sont les bienvenues, tout comme les communications de la part de jeunes chercheuses et chercheurs. Les échanges auront lieu à la Sorbonne, les 6 et 7 mai 2022, en Salle des Actes. Les communications pourront par exemple s’insérer dans l’un des axes transversaux suivants, non contraignants et non exclusifs :

– Fait religieux, pouvoirs et légitimation

– Matérialités du religieux 

– Espaces et échelles du religieux

– Le religieux et les sciences sociales

– Savoirs du religieux

Les propositions de communications sont à envoyer jusqu’au 15 janvier 2022 au format de 4000 signes maximum, espaces compris, à l’adresse suivante : histoirereligieuse2022@gmail.com

Le programme du colloque sera diffusé au mois de février 2022. Les communications retenues pourront faire l’objet d’une publication. 

Comité scientifique : Marion Deschamp (Université de Lorraine), Marie Lezowski (Université d’Angers), Nicolas Richard (Sorbonne Université), Benoît Schmitz (Lycée Fustel de Coulanges, classes préparatoires), Jean Sénié (Université de Tours), Hélène Vu Thanh (Université Bretagne-Sud)

Comité de parrainage : Charlotte de Castelnau-L’Estoile (Université de Paris), Olivier Chaline (Sorbonne Université), Stefano Simiz (Université de Lorraine), Alain Tallon (Sorbonne Université)

Organisation : Ladislas Latoch (Sorbonne Université), Emmanuel Phatthanasinh (Université de Lorraine), Jean-Benoît Poulle (Sorbonne Université), Pierre Salvadori (Sorbonne Université)

Émotions et gestion des épidémies dans les villes-centre de l’Europe moderne et contemporaine (Écosse, France, Espagne, 1500-1900), novembre 2021

Date limite d’envoi : 15 avril 2021.

La pandémie Covid-19 actuelle et la crise sanitaire qui en découle ne sont en rien une nouveauté au regard de l’histoire. Le monde a connu maintes épidémies (pestes, choléra…) qui ont décimé les populations. À chaque fois, il a fallu prendre en charge les victimes, gérer les problèmes d’inhumation et reconstruire physiquement et moralement la Cité. À chaque fois, l’émotion des populations citadines et de leurs édiles a été grande face aux pertes humaines et à la souffrance. Toute épidémie comporte néanmoins un caractère inédit, notamment dans sa gestion par les gouvernements nationaux et locaux ainsi que dans la manière dont la population fait face au fléau. 

Cette journée d’études transdisciplinaire et internationale s’attachera à mettre en évidence l’évolution de la perception de la santé publique, celle des puissants et celle des faibles, ainsi que sa « gouvernance » par les autorités locales et nationales.

Plus d’informations ici : https://ahmuf.hypotheses.org/9369

Appel pour un second post-doctorat pour le projet ERC « In the same sea »

POSTDOCTORAL POSITION IN DUTCH AND INTER-ISLAND CARIBBEAN HISTORY, c. 1650-1850 

The Saxo Institute at the University of Copenhagen is pleased to announce a call for applications for a 3-year postdoctoral position in Caribbean history. The position is available from August 1, 2021 and is funded by the research project IN THE SAME SEA financed by the European Research Council from 2020-2025. 

IN THE SAME SEA investigates the shared history of the Lesser Antilles from the 1650s to the 1850s. The research team explores how the islands of the Lesser Antilles were shaped by inter-island connections that transformed separate islands into a common world of slavery and freedom. 

The successful postdoctoral candidate will focus on trade between the islands of the Lesser Antilles while also contributing to the overall research aims of IN THE SAME SEA (see IN THE SAME SEA ). The history of trade in the Lesser Antilles has predominantly focused on long-distance commerce, its diverse imperial frameworks, and the contraband trade which existed irrespective of these structures. In contrast, the postdoctoral candidate will focus on trade between the islands and on islanders’ consumption of island goods. Relevant themes include, but are not limited to, questions about when, how, why, and by whom fresh goods (sweet water, fresh fruits and vegetables, meat and fish), handicrafts and manufactures (kitchen utensils, hammocks, clothing, and lime wash, to mention but a few), and embodied knowledge (such as ritual expertise, craftmanship, and medical caretaking) were exchanged and how they were put to use. 

The successful candidate will be part of an international research group consisting of the Principal Investigator (PI), two postdoctoral fellows and two PhD-students based at the Saxo Institute, University of Copenhagen, under supervision of the PI. 

Plus d’informations ici : https://ahmuf.hypotheses.org/9400

Prix de thèse Jacques de Trentinian, de la Société en France des Fils de la Révolution américaine, session 2021

Date limite de dépôt des candidatures : 31 mai 2021.

La Société en France des fils de la Révolution américaine a décidé en 2019 de décerner chaque année un prix de thèse de trois mille euros (destinés à sa publication), afin de « renforcer l’intérêt du public pour l’histoire des relations entre la France et l’Amérique du Nord du XVIIIe siècle à nos jours ».

Pour la session 2021, seront retenues les thèses rédigées en langue française et soutenues entre le 1er janvier et le 31 décembre 2020. 

Plus d’informations : https://ahmuf.hypotheses.org/9424